Archives pour octobre 2009

Oui, si je n’ai pas donné de nouvelles depuis notre retour de croisière c’est parce que j’ai été démagnétisée !!
Voilà Réna, je te raconte,
Assieds-toi (ça va être un peu long) et imagine :

Comme de coutume à la fin de la croisière on fait escale sur la Lune pour prendre la navette Terra-Luna.
(Tu sais que les vaisseaux sont trop lourds pour se poser sur l’eau de la Terre et puis ça dépenserait trop d’énergie.).

Comme nous étions peu nombreux
- enfin moins nombreux qu’au départ puisque certains d’entre nous ont pris leur poste sur Mars à l’escale de retour.
Le commandant de la navette a accepté un chargement de piles d’énergie en provenance de Vénus.
Puisqu’on essaye au maximum de réduire les voyages de transports, c’était normal.

Par prudence on nous demande de bien rester dans nos quartiers - restreints pour la circonstance.
Pas de problème Lune à Terre c’est jamais que 32 heures de voyage.

Donc après deux jours sur la Lune,
- charmante l’escale je t’en parlerai plus tard -
Donc nous voilà de retour.
On débarque tranquilles, joyeux, des images plein la tête et les caméras.
Pressés de raconter notre voyage.
En même temps heureux de rentrer chez nous
- dix huit mois autour des planètes c’est quand même long -

Et là le cauchemar commence !

À peine les pieds sur le tarmac :
Une sonnerie stridente retentit,
Des flashs de lumière blanche (insupportables !) nous aveuglent,
Tous les employés humains prennent la fuite.
Nous sommes paralysés.

Les clones et les robots de sécurités convergent vers nous d’un seul mouvement et nous mettent en joue.
Jets de douches glacés à l’odeur de désinfectant !
Puis seuls les robots s’approchent de nous munis de rayons X !
Tout ça sans un mot !
- On se serait crus dans un film de science fiction !

Enfin sirènes et lumières s’arrêtent.
Un des clones s’approche et nous demande qui nous sommes et pourquoi nous venons sur Terre.
Le commandant se présente, nous présente.
Mais le clone nous annonce que nous sommes démagnétisés et qu’il va falloir vérifier.
Il nous dit de le suivre. Inutile de résister !
- Vu leur nombre (dix contre un), leur taille (pas moins de deux mètres) et leur visage sur mode agressif.
Comme en plus les robots armés les accompagnent -
Nul d’entre nous ne bronche, on les suit.

Le cauchemar devient film d’horreur !

On entre dans un tunnel peu éclairé et on nous fait entrer dans un sous-marin.
Toujours aucun humain.
Après deux ou trois heures de voyage on débarque dans un espace totalement clos.
Là on nous sépare.
Chacun dans une cabine vitrée intégralement mais je ne vois plus les autres.

Au bout de quelques heures un clone vert ,
(j’apprendrai plus tard que la couleur correspond à une fonction, ceux qui nous ont « arrêtés » étaient gris métal. Ils ont tous le même visage seule la couleur change)
Un clone vert donc vient me demander de me déshabiller,
Me tend juste une combinaison intégrale sèche ,
(après la douche désinfectante nous n’avons pu nous sécher).
Me dit de me laver et de bien me rincer (car ce dont ils se servent pour désinfecter donne des allergies aux humains !?!).
Il ne répond à mes questions que par : « Plus tard » et « Obéissez ».
Comme je lui demande où je puis m’isoler, il me montre que de l’autre côté de la cloison il y a un bloc sanitaire (Bain-douche-séchoir et WC).
Comme je te l’ai dit tout est vitré mais on ne voit pas de l’autre côté.
(J’apprendrai plus tard que les cloisons sont des capteurs de mouvements – en fait nous sommes surveillés en permanence, breee !).
La cabine elle est meublée d’un lit, d’une chaise et d’une table.
Quand je reviens habillée il prend mes vêtements de voyage, on nous a déjà délesté de tous ce que nous portions sur le tarmac (montres, ordis perso, sacs de voyage, etc …)
- Nous avons eu la surprise de les retrouver chez nous avec nos bagages en rentrant hier.

Encore quelques heures et un clone mauve m’apporte de quoi me nourrir.
- Je ne sais pas ce que c’est mais j’ai faim et c’est du solide.
Toujours pas de réponse à mes questions.

Je finis par m’endormir et je suis réveillée sans ménagement par deux clones orange qui me disent de les suivre.
« Silence » est la seule réponse à mes questions.
La communication est réduite au strict minimum.
Dans le couloir deux robots armés nous servent d’escorte.

On rejoint une salle pleine d’instruments médicaux.
Là une équipe de clones blanc en blouse blanche, gantés, masqués (comme si les clones risquaient d’attraper des maladies !) me répète que je suis démagnétisée et qu’il va falloir faire des tests pour vérifier que je suis humaine.
Scanners, fond de l’œil, prise de sang, de moelle, taille, poids, etc … Pas un point du corps qui ne soit oublié.
J’en sors épuisée et sûre d’une chose : si j’ai une maladie je le saurai.
Et toujours pas de réponse à mes questions.

Retour à ma cellule, douche, repas, sommeil.
Je crois que ça fait trois ou quatre jours que je suis là.
Depuis ma visite « médicale » je ne suis pas ressortie, seul le clone mauve m’a apporté des repas.

Cinq ou sixième jour (je perds la notion du temps) les clones orange reviennent me chercher, - un seul robot dans le couloir.
Ils me conduisent dans une salle un peu plus grande que ma cabine. Un fauteuil face à un écran, je dois m’y asseoir et regarder.
On me passe un film qui vantent les installations sur Mars – nous y avons passé un mois par moment je reconnais des images que j’ai prises. Ils ont fait un montage.
Les clones ne répondent toujours pas à mes questions mais maintenant je suis certaine qu’ils les enregistrent.
Au retour le robot est absent mais ils sont deux à nous attendre au détour d’un couloir pour nous accompagner jusqu’à ma cabine.
Pourquoi ai-je l’impression que le chemin du retour n’est pas le même que celui de l’aller ?!

Les trois ou quatre jours suivant pas de sortie.
Puis de nouveau les clones orange viennent me chercher. Les robots font un bout de chemin avec nous puis disparaissent.
Au bout du chemin on arrive dans une grande salle de sport.
Des clones jaunes m’obligent à nager, courir, ramer, etc …

Retour en cabine cette fois c’est sûr les chemins sont différents.

Je suis surprise d’être réveillée deux jours après par un clone vert.
Dépêchez-vous, me dit-il, aujourd’hui on vous interroge.
Ouaouh ! Que de mots pour un seul clone, ça vaut presqu’une explication !

Après un trajet relativement court (accompagnés par un seul robot) j’entre dans une salle presque confortable et accueillante (il y a un petit palmier dans un coin, une fausse fenêtre et sur le bureau une boite à bonbons !).
Deux clones bleu sont installés derrière le bureau.
Ils me font signe de m’asseoir et enfin j’ai le droit à une explication :
Lors de notre voyage de la Lune à la Terre un des containers à piles de Vénus c’est ouvert. Nous avons tous été démagnétisés.
Tu sais ce filament qu’on nous implante à la naissance le long de la colonne vertébrale entre la cinquième et la onzième vertèbre. Ce filament qui enregistre notre ADN, notre santé, nos voyages, nos études, etc … Ben ce filament a sur-énergisé pendant le voyage et à l’arrivée il n’y avait plus aucune donnée.
Bref, les examens ont montré que nous sommes humain, avec l’ADN ils ont pu reconstituer notre lignée mais …
- Il y a toujours un mais avec l’administration -
… Il faut maintenant vérifier avec nos souvenirs si nous sommes en parfait accord avec leurs recherches et vérifications.

Les interrogatoires ont duré cinq jours.
Les clones se succédaient, j’avais le droit à deux repas par jours puis trois, à du café (euh de l’ersatz), à quatre heures de sommeil, j’ai dû raconter ma vie (heureusement que je n’ai que 57 ans imagine ceux qui ont 100 ou 120 ans comme le commandant de la navette !).
Ils ont tout vérifié.

Et puis un beau matin, enfin j’ai su que c’était le matin après notre retour,
- J’ai définitivement perdu la notion du temps pendant ces interrogatoires.
Donc à un moment le clone bleu N°1 m’a dit :
« Bien, c’est fini, vous comprenez on est obligé de tout vérifier des fois que vous soyez des clandestins ! ! »
« Des quoi ? » ai-je demandé.
« Des clandestins ou même des terroristes.
D’ailleurs à ce propos avant de vous libérer nous vous demandons de signer ce formulaire. C’est un formulaire de confidentialité.
Il ne faut pas que les non-terriens puissent connaître cet endroit et nos méthodes.
Si vous en faisiez part à qui que ce soi nous nierions toutes vos assertions.
Pour vos familles, amis et collègues ne vous inquiétez pas, les vérifications ont été faites sous forme d’exercices et de tests de mémoire.
Quant au retard pour votre retour de voyage nous avons fait passer aux JT un flash comme quoi votre voyage était prolongé pour convenance d’exploration.
On va vous donner les images d’une région de Mars que vous êtes sensé avoir exploré le mois dernier.  »
Alors j’ai signé. Trop contente que ce soit terminé et trop fatiguée pour chercher plus loin.

Le lendemain matin, les clones gris métal sont venus me chercher.
Arrivés au bout du couloir les autres sont apparus venant chacun d’un couloir différent.
Les clones nous ont conduits devant une porte ouverte et là, ô surprise !, nous étions sur le tarmac.
Le coup du sous-marin c’est pour casser toute velléité de fuite.

Enfin nous sommes chez nous.
Oh, que c’est doux !

Voilà Réna,
Comme tu t’en doutes tout ça est un conte.
Sincèrement des « Non-terriens » pourquoi pas des extraterrestres ?!
Depuis le temps que notre énergie fonctionne aux piles de Vénus aucun container ne s’est ouvert.
Si notre voyage a été plus long que prévu c’est bien parce que nous avons participé à une mission d’exploration sur Mars non prévue au programme.
Et si tu avais levé le nez de ton clavier et regardé le JT au lieu de t’enfermer pour finir à temps ton nouveau roman, tu ne m’aurais pas laissé tous ces messages inquiets quant aux risques que nous prenons à faire le tour des planètes !
Il faut que tu dé-stresses !

Maintenant je vais me mettre au montage du film de ce voyage.
La première projection a lieu dans un mois, je compte sur ta présence.

Je te frôle la joue.
À très vite.

Post scriptum :
Au fait, quand fais-tu une séance de signatures ?
On pourrait déjeuner avant ou après ou même dîner.
Tiens-moi au courant.